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Mémoire


Miroir des mémoires

De la « petite Arménie » à Valence à la Vallée de Gère à Vienne, en passant par le marché de Chambéry, les Villes et Pays d’art et d’histoire explorent un nouveau pan du patrimoine : la mémoire.

Du patrimoine matériel au patrimoine immatériel

Au cours de ces cinquante dernières années, la notion de patrimoine a vu son champ considérablement s’élargir, passant d’une notion d’abord « matérielle » touchant notamment aux œuvres d’art et à l’architecture, à une notion de patrimoine culturel qui considère des paysages, des savoir-faire et des coutumes comme faits de culture. Cette transformation du champ patrimonial sera encore enrichi par la notion de patrimoine immatériel, (UNESCO 2003) vecteur d’une prise en compte des traditions orales des pays ou communautés sans patrimoines architecturaux majeurs, mais avec des fortes traditions culturelles à voir aussi comme patrimoine à sauvegarder et valoriser. Ce passage vers les faits culturels vivants marque une véritable révolution et peut être vu comme élément constitutif du processus de démocratisation de la culture. De nouveaux et nombreux domaines on été pris en compte, axés autour de l’idée d’une diversité et d’une pluralité culturelle interne à nos sociétés, à connaître et reconnaître comme fait culturel et levier de développement.

Enrichissement de l’histoire commune

La mobilisation mémorielle qui investit les sociétés contemporaines, entre désir de reconnaissance, d’appartenance et revendications identitaires, ne doit pas être ressentie comme nostalgique et tournée vers le passé, elle est à voir comme un moment de recherche et de production du lien social. Ce travail de mémoire, basé sur l’écoute, la prise de parole, la visibilité est aujourd’hui un véritable enjeu dans les politiques culturelles publiques. Le partage de la mémoire est un moyen d’implication des populations porteuses d’histoires singulières, qui avec leurs propres cultures et itinéraires, enrichissent l’histoire commune. Il s’agit de la construction de terrains de rencontre, d’histoire partagée, à partir de territoires souvent fragmentés ou séparés.

Les Villes et Pays d’art et d’histoire accompagnent les mutations des quartiers et contribuent par des études, expositions et visites commentées à relier la mémoire des habitants d’hier et d’aujourd’hui.


Panneau exposition "Histoires de la vallée de Gère"
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Panneau exposition "Histoires de la vallée de Gère"
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Dans cette thématique :

Vienne


« Certains n’imaginent pas qu’une vallée soit en centre-ville… »

La vallée de Gère, berceau de l’industrie viennoise, est aujourd’hui le quartier le plus peuplé de la ville, avec plus de 5300 habitants, et le plus jeune. Plus de dix ans après la fermeture des dernières usines textiles, la vallée va faire l’objet d’une importante requalification. Pour le service Animation du patrimoine, l’accompagnement de cette mutation devait être précédé d’une meilleure compréhension des rapports entre les habitants du quartier, dispersés sur deux kilomètres et demi, et son patrimoine. Ce travail, confié en 2006 à une étudiante en sociologie à l’université Lyon II, a donné lieu à une exposition, « Histoires de la Vallée de la Gère », conçue avec la Mission Développement du patrimoine historique, bâti et urbain.

- Le thème « Passer, circuler, s’ouvrir » montre comment la vallée a été le lieu d’accueil de plusieurs vagues d’immigration. De même que les habitants parlent d’ailleurs, ils évoquent aussi les qualités paysagères de la vallée elle-même.

- « Travailler, d’une vallée à l’autre » exprime un savoir lié au travail en usine et à sa pénibilité, tant dans la vallée que dans des usines voisines, dans la vallée du Rhône. De nombreux habitants gardent le même souvenir d’un quartier aux allures de centre-ville, rempli de commerces, avec pour toile de fond l’activité industrielle.

- « S’arrêter, habiter, s’enraciner » évoque des souvenirs de vétusté, de démolitions anciennes et récentes, plus ou moins bien vécues, et d’attachement aussi.

L’exposition a été présentée début 2007 au Centre social de la vallée de Gère en même temps qu’une autre exposition, « Mémoires d’habitants », réalisée par le Centre social et l’association « Rue du premier film ». A la suite, l’exposition "Regards croisés" a été créée en 2008 dans le cadre du Contrat Urbain de Cohésion Sociale.

Les carnets de ces expositions temporaires sont téléchargeables sur le site du VPah de Vienne.

Partenaires : Hannelore Girardot-Pennors (étudiante en sociologie - Université Lyon II), Mission Développement du patrimoine historique, bâti et urbain (Ville de Vienne), ministère de la Culture, conseil général de l’Isère.



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