Lettre d'information de la DRAC Rhône-Alpes

Les pratiques culturelles et artistiques des étudiants se développent

éducation artistique et culturelle - enseignement supérieur

Pouvez-vous brosser un historique rapide de la mission culture à l’Université Jean Monnet (UJM) ?

Après avoir fonctionné durant de nombreuses années en association 1901 (dans les années 80-90) animée par des personnels volontaires, le service culturel de l’université est devenu un service à part entière (SCAS) en 2001 ayant en charge la gestion des actions sociales et culturelles à destination des personnels de l’Université. Ce service s’est développé progressivement avec une direction, un secrétariat, des locaux et une dotation financière de l’université et un rôle proche de celui d’un comité d’entreprise proposant des actions culturelles, sociales et de loisirs.
En 2007, suite à la volonté politique de la nouvelle équipe présidentielle de développer une politique culturelle ambitieuse visant à faciliter l’accès à la culture au plus grand nombre (étudiants et personnels), un chargé de mission a été désigné avec un périmètre d’action élargi à la mission culturelle pour la communauté universitaire toute entière. De nouvelles actions ont alors été proposées pour les étudiants par le service vie étudiante et d’autres pour les personnels par le SCAS.
Compte tenu de la montée en puissance des opérations culturelles portées par l’Université en 2011, année de création d’une salle de spectacles entièrement équipée au cœur du campus, une coordination a été recherchée entre les services concernés par la mission CULTURE : le SCAS pour toutes les actions à destination des personnels (1500), le Service Vie étudiante pour les opérations en lien avec nos étudiants (18 000) et la Mission Culture Scientifique qui cible davantage ses projets en direction des lycéens et collégiens dans le but d’attirer les jeunes vers les filières scientifiques.
Une mutualisation des opérations, des moyens humains et financiers est recherchée et sera officialisée à la rentrée 2014 au sein de la Mission Culture qui réunira tous les acteurs impliqués dans les actions culturelles au sein d’un nouveau pôle transversal de l’Université : le Pôle vie de L’établissement.
Cette Mission CULTURE est portée par un chargé de mission politique culturelle rattaché au pôle transversal de la Présidence et dépendant de la Vice-Présidence au Conseil d’Administration. Ce pôle est enfin administrativement directement rattaché, dans l’organigramme de l’Université, à la Direction Générale des Services.

Vous êtes enseignant-chercheur en biologie, comment êtes-vous devenu chargé de mission culture ?

Le Président sollicite des enseignants-chercheurs pour assurer de telles missions en fonction de leur spécialité ou de leur implication dans le monde socio-économique ou dans les collectivités locales. En ce qui me concerne, je suis impliqué depuis les années 80 dans l’organisation de nombreuses manifestations théâtrales dans la vallée du Gier. Je faisais partie, dans les années 90, des volontaires animant l’association à l’origine du SCAS et j’ai, à ce titre, tissé un réseau de partenariats avec majeure des institutions culturelles. Notre président Khaled Bouabdallah, a fait appel à moi quand il a été élu président en 2007. Il m’a renouvelé sa confiance pour son deuxième mandat qui a démarré en 2012.
D’autres personnels de l’université s’impliquent au sein de la mission culture pour proposer et porter des projets de manifestations souvent en lien avec les associations étudiantes, comme par exemple : la Nuit du Fado par les enseignants du département d’espagnol et l’association Guakamol,une exposition temporaire par les enseignants d’Arts plastiques et l’association Baz’arts, ou un « Café littéraire & Expos » par les documentalistes des bibliothèques universitaires et l’association In Media Res...

Nous cherchons à susciter les implications du plus grand nombre en apportant un soutien logistique et financier et tout porteur de projet sait que la Mission culture est intéressée par toute idée de création, de manifestation.

Quels sont les axes développés par la Mission culture ?

Favoriser l’accès du plus grand nombre à la culture, aux œuvres et aux pratiques culturelles contribue à réduire la disparité des publics étudiants, facilite l’intégration à la fois dans une vie de campus mais aussi dans la cité et représente aujourd’hui un enjeu de démocratisation et de réussite des étudiants.
La culture permet de fédérer des jeunes de profils, nationalités, cursus différents et fait partie intégrante d’un apprentissage de vie, gage d’une insertion professionnelle réussie.
Compte tenu du nombre élevé d’étudiants boursiers à l’université Jean Monnet (36% en 2013) et de la forte augmentation du coût de la vie étudiante ces dernières années, notre politique culturelle a été pensée dans un triple objectif :

- Faciliter l’accès à l’offre culturelle locale au plus grand nombre d’étudiants ;

- Rendre les étudiants acteurs d’une vie culturelle universitaire en soutenant leurs initiatives et en valorisant les pratiques amateurs ;

- Transformer le campus en lieu de vie culturel et artistique ouvert sur la cité.
Depuis 2008, l’Université a donc multiplié les opérations tarifaires en partenariat avec une soixantaine d’institutions culturelles des agglomérations stéphanoise et roannaise.

  • Les carnets culture permettent aux étudiants de bénéficier de ½ tarifs toute l’année pour acheter des places de concerts, des livres, aller au cinéma, profiter des festivals ou visiter un musée.
  • Tous les mois, l’université propose des billets à 5€ pour des spectacles de styles variés Ainsi, en 2013, les étudiants ont pu bénéficier de plus de 1700 places à 5€ pour 30 spectacles différents.
  • L’UJM n’a pas oublié les cinéphiles et propose, en partenariat avec le Méliès de Saint-Etienne et l’Espace Renoir de Roanne, tous les 2 mois, des places gratuites pour des films d’Art et Essai (800 places offertes en 2013) souvent suivies de rencontres débats avec des critiques de cinéma.
  •  L’université crée aussi des opérations spéciales autour d’évènements comme par exemple la Biennale du design de Saint-Etienne ou le festival international du court métrage à Roanne.

Chaque année, ces opérations tarifaires touchent plus de 5000 étudiants différents et sont plébiscitées d’après les retours des associations étudiantes et des élus étudiants.

L’université a souhaité créer un nouvel espace culturel localisé au cœur du campus Tréfilerie avec pour objectifs principaux de soutenir les pratiques culturelles et artistiques des étudiants, de promouvoir la création artistique et la diffusion culturelle auprès de la communauté universitaire et d’ouvrir l’université à son environnement culturel territorial.

En parallèle, l’université a cherché à multiplier les dispositifs pour encourager les étudiants à s’impliquer dans des projets culturels et artistiques aussi bien coté scène que côté coulisses.

Côté coulisses, l’UJM apporte un soutien logistique et financier aux associations étudiantes qui souhaitent organiser des manifestations, éditions de CD, rencontres littéraires ou de culture scientifique. Des subventions sont accordées sur projet (environ 45.000€ en 2013), des matériels audiovisuels mais aussi des locaux, mobiliers et accessoires sont prêtés gratuitement aux étudiants porteurs de projets culturels.
Coté scène, l’université a créé des ateliers gratuits d’initiation aux pratiques artistiques, des dizaines d’étudiants profitent de cours encadrés par des professionnels. Des appels à performance artistique sont régulièrement lancés et des Unités d’enseignement Culture commencent à apparaître dans les cursus de nos étudiants avec pour objectif d’intégrer une pratique culturelle régulière à leurs études, de connaître les ressources culturelles locales, de sensibiliser les étudiants à la démarche de création, de permettre la rencontre avec des artistes.

En 2013, sur la cinquantaine de manifestations programmées dans notre salle de spectacle, ¼ ont été conduites par les étudiants eux-mêmes et plus de la moitié des expositions organisées dans l’atrium de la Bibliothèque a été proposée par des étudiants.

Le président m’a enfin encouragé à développer un évènement culturel phare visant à dévoiler les talents de notre communauté universitaire, à soutenir les pratiques culturelles amateurs avec pour ambition de devenir un évènement majeur et fédérateur du monde universitaire stéphanois. Nous avons donc décidé, en 2012, de donner un nouvel élan au Fest’Uval Jean Mon’Arts en l’organisant sur notre campus Tréfilerie métamorphosé pour l’occasion en immense scène culturelle au coeur de la cité.
L’édition du 22, 23 et 24 mai 2014 du Fest’U a rassemblé 600 artistes sur 6 scènes simultanées soit plus de 80 formations musicales, théâtrales ou d’humour. Des artistes professionnels sont sollicités pour faire le lien entre nos 6 scènes (performances déambulatoires ou encore visuelles).

Quels sont vos liens avec les services culturels d’autres universités ainsi qu’avec les Ecoles « culture » ?
L’Université Jean Monnet adhère depuis 1 an à l’association AUC = ARTS +UNIVERSITE+CULTURE. Quelques manifestations sont organisées en lien avec l’Ecole de la Comédie (petites formes théâtrales, bords de scène) et avec le Conservatoire Massenet (répétitions publiques, Master class) ouvertes à tous. Des rencontres sont organisées avec les équipes pédagogiques de ces écoles afin de réfléchir ensemble à une implication plus grande dans les actions culturelles de l’Université tout particulièrement dans le projet de multiplier les UE Culture dans notre offre de formation…..A suivre…

Avez-vous une visibilité sur les catégories d’étudiants impliqués ?

La diversité des opérations tarifaires menées permet de toucher un public étudiant pluriel. On a par exemple clairement observé que sur le total des étudiants concernés ce ne sont pas les mêmes qui profitent des carnets culture (2000 étudiants différents dont 60% sont des primo entrants en provenance majoritairement d’arts lettre langues (20%), de l’IUT (16%) et de médecine (15%) alors que ceux qui profitent des opérations culturelles à 5€ et des opérations Ciné gratuit (1200 étudiants différents) sont majoritairement des étudiants avancés dans un des cursus (seulement 30% de primo entrants) avec une dominance des étudiants de sciences humaines et sociales ( 22%), arts lettre langues (20%), sciences et techniques (18%) et médecine (16%).
Une quinzaine d’associations étudiantes portent tout au long de l’année des projets culturels qui attirent un public proche des associations et beaucoup moins transversal que les évènements portés par l’Université.

Quels sont les projets de développement de la mission culture ?

Pour le prochain contrat d’établissement (2015-2020), je souhaiterais créer une nouvelle dynamique :
- en cherchant à créer 2 nouveaux lieux culturels sur le campus Tréfilerie dans le cadre du projet Etat- Région : une salle de répétition-plateau complémentaire de la salle de spectacles (pour des résidences d’artistes) et une vraie salle d’exposition . ;
- en élargissant la fréquentation et la reconnaissance de la salle de spectacles de la Maison de l’université ;
- en augmentant l’accueil d’artistes et d’œuvres d’art sur les campus ;
- en incitant les institutions culturelles à accueillir des productions universitaires ;
- en essayant de développer une transversalité entre action culturelle, formation, recherche et vie étudiante ;
- en créant un fonds de soutien aux projets culturels d’ampleur ;
- en s’impliquant dans des partenariats culturels inter établissements dans le cadre de la mission culture de la COMUE et soutenus par la région Rhône Alpes ;
- en confortant les réalisations culturelles du quadriennal précédent qui ont connu un beau succès.

Pour y parvenir, j’ai d’abord besoin d’un appui politique fort du Président d’Université, des collectivités locales et régionales, du ministère et de moyen en personnels ayant des compétences en management culturel et en communication.

Quelles avancées depuis la signature en 2013 par le ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche, le ministère de la Culture et la Conférence des Présidents d’Université d’une convention cadre « Université, Lieu de Culture » ?

Cette convention a permis de « légitimer » aux yeux de notre administration tous les efforts déployés pour développer la culture à l’université. Cette mission est désormais reconnue au même titre que nos missions d’enseignement, de recherche, d’insertion professionnelle. Les chantiers avancent plus vite. La mutualisation des moyens humains et financiers autour d’une Mission Culture était envisagée depuis 2 ans environ mais a vraiment connu une avancée suite à la signature de cette convention cadre. Un paragraphe entier et une fiche action dédiée à la politique culturelle doivent être désormais prévus dans la rédaction du projet d’établissement de l’Université.

Comment s’est déroulée la 1ère édition de la « journée des arts et de la culture dans l’enseignement supérieur » du 10 avril 2014 ?

Nous avons travaillé notre communication pour que ce 10 avril soit identifié comme une nouvelle date événementielle à l’Université, ce qui a été bien perçu par les personnels et associations étudiantes. Les manifestations proposées ont connu un beau succès tout particulièrement les Chœurs de Musicologie qui ont affiché complet. Nos étudiants Maoré ont été très fiers de partager, pour la toute première fois à Saint-Etienne, leur culture avec la communauté universitaire. Nos étudiants impliqués dans le projet théâtral de la Compagnie La Réserve dans le cadre du centenaire de la guerre 14-18 étaient enthousiastes à l’idée de faire des restitutions de leur travail sur un campus, enfin le concept de notre exposition Art to Take semble satisfaire les étudiants et les personnels.

Propos de Hervé Giraudet, chargé de politique culturelle à l’Université Jean Monnet Saint-Etienne recueillis par Laure Tercieux et Claude Niski

Données chiffrées

Historique de la mission culture
Depuis les années 80-90 : Association 1901 animée par des personnels ayant pour objectif d’améliorer les conditions de vie des personnels notamment grâce à la culture
2001 : Date de création du service culturel de l’université (SCAS)
2007 : Création d’un poste de chargé de mission culturelle pour la communauté universitaire.
2011 : Création d’une salle de spectacle (175 places) sur le campus - coordination entre les services concernées par la mission Culture : le SCAS, le Service Vie étudiante et la Mission Culture Scientifique
2014 : Création d’une mission Culture qui réunira tous les acteurs impliqués dans les actions culturelles au sein d’un nouveau pôle transversal de l’Université : le Pôle vie de l’établissement

Public concerné
Personnel des campus de l’Université Jean Monnet : 1500
Nombre d’étudiants : 18 000 dont 36% d’ étudiants boursiers en 2013
15 associations étudiantes porteuses de projets culturels

En 2013
5000 étudiants impliqués et bénéficiaires des opérations tarifaires
800 places de cinéma art et essai offertes
1700 places de spectacle proposée au tarif de 5 €
2500 carnets culture offrant une réduction de 50% sur des achats de livres, de places de spectacle, cinéma ou de visites de musées etc
50 manifestations et 7500 spectateurs pour la salle de spectacles (jauge de 175 places) / taux de fréquentation de 78% . 54% des manifestations ont été organisées par l’université, 24% par des étudiants et 22% par des partenaires culturels qui proposent des créations hors les murs.

lien

- Programmation culturelle de l’Université Jean Monnet

- Fest’U Jean Mon’arts est sur Facebook


Carnet culture de l'Université Jean Monnet

Carnet culture de l’Université Jean Monnet

Spectacle à l'Université Jean Monnet

Spectacle à l’Université Jean Monnet