Lettre d'information de la DRAC Rhône-Alpes

Découverte à Die d’un riche décor d’une domus gallo-romaine lors de fouilles archéologiques

archéologie - Drôme

La ville de Die a engagé la rénovation des places de son centre ville. Ces travaux d’envergure ont nécessité la mise en place d’une opération de diagnostic (J.-M. Lurol, Inrap, mars-avril 2011), puis de fouille préventive (C. Ronco, Inrap, première tranche décembre 2012-février 2013).
 
L’opération en cours porte sur la place de la cathédrale. Cette dernière a été aménagée le long du mur gouttereau nord de l’ancienne cathédrale. Les sondages de diagnostic ont montré l’existence d’un vaste cimetière d’époque moderne qui a succédé à un cloître arasé, lui-même construit sur la destruction d’un quartier d’habitations d’époque antique.
La DRAC Rhône-Alpes, service régional de l’archéologie, la ville de Die et son maître d’oeuvre, ainsi que le STAP de la Drôme avaient préalablement étudié différentes solutions techniques afin de réduire l’impact de ces travaux sur les vestiges archéologiques et limiter au maximum la fouille de cet espace funéraire. Seules les voiries où s’enterrent les tranchées des réseaux, les raccordements, le parvis qui ne pouvait être rehaussé... et les fosses de plantation d’arbres sont fouillés. C’est dans l’une de ces fosses qu’est apparu l’angle d’une pièce de domus gallo-romaine.
 
Cette pièce a subi un incendie et le décor d’enduit peint ornant ses murs s’est écroulé sur le sol de terrazzo. Le prélèvement de ces plaques et la dépose (V. Ollier à Jaillans) des enduits demeurés en place sur les murs de terre crue sur une hauteur 70 à 80 cm va permettre de restituer le riche décor de cette pièce.

Les motifs dont on ne connait pas encore l’organisation, sont des candélabres végétalisés avec des oiseaux dans les tiges fleuries, des guirlandes de fleurs auxquelles des masques sont accrochés par un petit nœud et des harpies (buste de femme sur corps d’oiseaux) disposés en panneaux délimités par une frise avec des petits festons et une bande de couleur bleue.
Divers fragments recueillis permettent de restituer un plafond à caissons bleus sur fond jaune, délimités par des bandes rouges. Pour J. Boislève (Inrap), ce décor pourrait dater du début du second siècle, datation que le remontage et l’étude à venir devra bien sûr confirmer.
Sous ces enduits, ont été retrouvés les restes d’un authepsa ou d’un scaldavivande, vase à double paroi en bronze qui servait à chauffer les boissons.
 
Joëlle Tardieu, service régional de l’archéologie
 

Die-enduits

Die-enduits

©INRAP

Die-authepsa

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©INRAP

D

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©INRAP

Die-enduits

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©INRAP

Die-enduits

Die-enduits

©INRAP