Lettre d'information de la DRAC Rhône-Alpes

L’exposition Daniel Sarrabat au Monastère royal de Brou ou la réhabilitation d’un peintre majeur de la vie artistique lyonnaise

histoire de l’art - Ain

Daniel Sarrabat : l’éclat retrouvé
 
« Ce demi-siècle de peinture française est aujourd’hui mieux connu grâce, très souvent, il faut le souligner (…) à des expositions monographiques. Certes, nous ne voudrions pas décourager les jeunes générations : tout, loin s’en faut, n’est pas dit et de nombreux tableaux d’artistes des deux premières générations du XVIIème siècle – souvent cachés dans des églises obscures- attendent leurs découvreurs. »
Extrait de la préface du catalogue Daniel Sarrabat (1666-1748) par Pierre Rosenberg, membre de l’Académie française, président-directeur honoraire du Musée du Louvre
 
Première rétrospective consacrée à Daniel Sarrabat
 
Le commissaire scientifique de l’exposition qui se tient au monastère royal de Brou, François Marandet, s’est donné pour but de retracer la carrière et de retrouver les œuvres de ce peintre d’origine parisienne, dont l’activité se déploie à Lyon et dans la région à partir de 1695.
Certaines de ses œuvres bien identifiées étaient déjà protégées au titre des monuments historiques (comme le cycle de peintures de l’église de Thoissey, Ain), d’autres conservées dans les musées (Hôtel-Dieu, musée des beaux-arts de Lyon). Sur les cinquante œuvres présentées dans cette exposition figurent dix-neuf tableaux classés et un tableau inscrit. Les recherches dans les archives, ainsi qu’une investigation scrupuleuse sur la base du ministère de la Culture Palissy et dans les bases de données des conservations des antiquités des objets d’art de l’Ain, de la Loire et du Rhône doublée de visites sur site, ont permis un important travail d’attribution à Daniel Sarrabat d’œuvres de qualité, restées jusqu’alors en quête d’auteur.
C’est ainsi que la généalogie de la commande et des différents propriétaires de la Descente de croix, tableau déposé dans l’église de Pélussin (Loire), a été reconstituée, aboutissant à une attribution certaine de cette œuvre à Daniel Sarrabat. Le cadre et la toile de ce tableau, inscrit au titre des monuments historiques, ont fait l’objet d’une intervention de conservation en vue de son exposition à Brou, avec le concours financier de la DRAC Rhône-Alpes, entre autres partenaires.
A présent bien documenté, le tableau peut prétendre à un classement au titre des monuments historiques, et devrait être présenté prochainement en commission nationale.
 
La carrière du peintre
 
A l’instar de l’exposition Louis Cretey présentée au musée des beaux-arts de Lyon l’hiver dernier, l’exposition de Brou réhabilite un artiste dont l’aura fut importante à Lyon et ses environs, mais dont la carrière présente encore des zones d’ombre.
Élève des deux frères Bon Boullogne à Paris, Sarrabat est lauréat du grand prix de Rome en 1688, qui augure d’un style classique dont le peintre ne se départira jamais à la différence de Cretey. Sarrabat est attiré à Lyon par une riche clientèle privée qui lui commande notamment de grands décors pour des hôtels particuliers (comme les tableaux et plafonds de l’hôtel de l’Europe). Il s’emploie également à des commandes religieuses, dont témoigne par exemple le cycle peint pour le bureau de l’Hôtel-Dieu, où il entrera par ailleurs 15 ans plus tard pour y finir ses jours, preuve de la misère où il pouvait alors se trouver sans qu’aucune explication n’ait pu être jusqu’alors donnée à cette condition.
 
La réunion de ces tableaux et dessins au Monastère royal de Brou compose une exposition belle et utile, dont on peut espérer qu’elle suscitera de nouvelles découvertes en vue de la connaissance et de la reconnaissance de ce peintre et de son entourage.
 
Daniel Sarrabat : l’éclat retrouvé
Exposition au monastère royal de Brou (Bourg-en Bresse), 15 octobre 2011 - 29 janvier 2012
www.brou-monuments-nationaux.fr