Lettre d'information de la DRAC Rhône-Alpes

Architecture

Comment mettre en oeuvre la réhabilitation thermique des immeubles du XIX ème siècle ?

Architecture, urbanisme, paysage - Rhône-Alpes

 
Alberti fait, à la suite de Platon, de la ville une grande maison et de la maison une petite ville. Il en va de même avec les plans climat qui conjuguent, objectifs globaux, à l’échelle d’un regroupement de communes et mise en oeuvre à l’échelle de chaque foyer.
 
La région Rhône-Alpes est riche d’un parc résidentiel cossu de logements du XIX ème siècle, hérité de la révolution industrielle, qui pèse pour près d’un tiers de l’ensemble du parc immobilier. Ce patrimoine historique est appelé, tant appartement par appartement qu’immeuble par immeuble, à faire l’objet de mesures appropriées de réhabilitation énergétique dans le cadre des mesures issues du Grenelle de l’environnement adoptées le 12 juillet 2010.
 
Ces mesures répondent de la double question de la sauvegarde du patrimoine urbain, à savoir des façades et d’une amélioration substantielle des performances thermiques. Elles gravitent, du point de vue technique autour du principe de l’isolation par l’intérieur étendu, autant que faire se peut, à la pose, par l’intérieur également d’une deuxième menuiserie (qui laisse en place d’éventuels volets intérieurs) associée à une isolation dense, adaptée au transit de la vapeur d’eau et à un dispositif de ventilation hygro régulé avec un maintien du système en dépression qui peut intéresser les parties communes…
Ce principe est souple – il peut être mis en oeuvre appartement par appartement - et respectueux du patrimoine urbain, dont les façades ouvragées sont laissées en l’état, à l’éventuel remplacement des menuiseries près.
 
« Pour atteindre le facteur quatre, ne pas faire les choses à moitié »
 
Le protocole de Kyoto fixe l’objectif d’une diminution par quatre des émissions de gaz à effet de serre. Les objectifs intermédiaires du plan climat du Grand Lyon sont alignés sur ceux de l’Union européenne, à savoir « trois fois 20 % par rapport à 1990 pour 2020 » soit 20% d’émissions de gaz à effet de serre et 20 % de consommation d’énergie en moins avec 20 % d’énergie renouvelable. L’efficacité à terme de leur mise en œuvre plaide en faveur d’un travail approfondi et systématique sinon exhaustif, mené par tranches coordonnées le cas échéant, dans l’esprit du prêt à taux zéro ou PTZ .
 
Cette vaste tâche n’en est qu’à ses balbutiements. Des études test ont été réalisées à Grenoble sous les auspices du Service du patrimoine urbain, avec un approfondissement de la question de la condensation à l’intérieur des murs « froids ». La ville de Lyon, (Direction de l’architecture et de l’urbanisme ) s’apprête, avec le soutien de la DRAC Rhône-Alpes et la participation de l’Agence Locale de l’énergie du Grand Lyon, à lancer des études analogues. Pour ce faire, des travaux exploratoires ont été réalisés dans les quartiers de la Croix-Rousse ou de Vaise, dans le cadre de la formation continue « QEB » de l’École Nationale Supérieure d’Architecture de Lyon ou de stages effectués au service architecture de la DRAC : appréciation statistique de l’étendue du parc visé, accès à la ressource documentaire (archives), modélisation et conceptualisation, détails de mise en œuvre…
 
Cette entreprise qualitative et quantitative reprend à son compte les injonctions encore toutes proches du Mouvement Moderne de l’architecture et de la Charte d’Athènes qui en a assuré la diffusion. Elle débouche sur une nouvelle vision de la création, qui rejoint l’innovation, productrice de savoir faire et du patrimoine, remis en perspective à la lumière d’une conception cumulative, continue - et incrémentale - de l’aménagement.
 
Pour en savoir plus
 
Yves Belmont - conseiller pour l’architecture DRAC Rhône-Alpes
yves.belmont@culture.gouv.fr
 
 

Immeuble - Lyon

Immeuble - Lyon

© Y. Belmont

Deuxième menuiserie sur fenêtre patrimoniale

Deuxième menuiserie sur fenêtre patrimoniale

©Y. Belmont