Immeuble, dit Chalet de Bizillon ou la maison sans escalier Immeuble, dit Chalet de Bizillon ou la maison sans escalier Immeuble, dit Chalet de Bizillon ou la maison sans escalier Immeuble, dit Chalet de Bizillon ou la maison sans escalier



Bossu Auguste (architecte)
2e quart 20e siècle
1933
Saint-Etienne – Loire (42)
Daguerre (boulevard) 54
Vitali Françoise ; Belmont Yves
Historique
La « maison sans escalier » est un immeuble en copropriété construit en 1933, à l’initiative de la « Société des immeubles par étage », par l’architecte Auguste Bossu et nommé « chalet de Bizillon », du nom d’un cabaret qui existait auparavant sur les lieux, situés au sud de Saint-Etienne, sur l’axe historique de la ville. Les escaliers sont remplacés par une rampe d’accès hélicoïdale à faible pente qui dessert des appartements à différents niveaux. L’immeuble rencontre un certain succès et, en 1939, un immeuble identique est construit à côté, au 56, rue Daguerre.
Description
L’immeuble, de trente-six petits appartements répartis sur six niveaux, est desservi par une rampe d’accès hélicoïdale à faible pente. L’espace central est abrité sous une verrière et, au rez-de-chaussée, le hall est agrémenté d’un jardin minéral avec bassin et jet d’eau. L’immeuble ne comporte ni ascenseur ni escalier, d’où son appellation de « maison sans escalier ». Cette rampe de desserte hélicoïdale rend cet édifice unique dans l’histoire des immeubles d’habitation : les règlements anti-incendie interdiront par la suite ce type de disposition. L’espace commun du hall peut être rapproché de celui du célèbre « familistère » de Godin, à Guise (Aisne).
« L’escalier est un moyen barbare de monter les étages. Les marches imposent à tous le même pas : aux enfants comme aux vieillards, aux malades comme aux bien-portants. Avec notre montée par galerie en plan incliné, chacun fait le pas qui lui convient, long ou court, rapide ou lent, comme on le fait sur le trottoir » (citation d’Auguste Bossu parue dans des documents publicitaires de l’époque).
Le plan est celui d’un hexagone aux angles affirmés qui enserre une façade circulaire de facture Art déco, en partie haute. Au dernier étage, une coupole en béton pavée de verre est posée sur un tambour ajouré rachetant l’hélice et éclairant le hall.
Observation
Cette réalisation restée sans autre suite que sa réplique témoigne de la liberté d’invention de l’époque et de la recherche de nouveaux types, avec une possible influence des recherches qui s’appliquent alors au programme inédit du garage dit « garage hélicoïdal » de Grenoble (architecte Serbonnet). Le principe de la rampe fera la fortune du Musée Guggenheim de New York, achevé en 1959. L’immeuble anticipe par ailleurs, avec ses masses, la production répétitive d’immeubles-plots, parfois hexagonaux sinon « à trois pales », des années 1960.


ministère de la Culture et de la Communication / DRAC Rhône-Alpes