Cité, dite cité de l'Arlequin Cité, dite cité de l'Arlequin Cité, dite cité de l'Arlequin



Loiseau Georges (architecte) ; Tribel Jean (architecte) ; Atelier d’Urbanisme et d’Architecture (agence d’architecture)
3e quart 20e siècle
1963
Grenoble – Isère (38)
Marie-Reynoard (avenue)
Duperray-Millaud Bénédicte ; Belmont Yves


Historique
La cité de l’Arlequin est le premier quartier de la Villeneuve de Grenoble. Elle fait partie de la « zone à urbaniser en priorité » (ZUP) de Grenoble-Echirolles, dont la réalisation a été confiée à la SADI (Société d’aménagement du département de l’Isère). La Villeneuve a été construite de 1963 à 1973 sous la direction des architectes en chef Georges Loiseau et Jean Tribel, associés aux architectes-urbanistes Henri Ciriani, Borja Huidobro et Jean-François Parent et au paysagiste Michel Corajoud, regroupés au sein de l’Atelier d’urbanisme et d’architecture (AUA). Les architectes d’opération étaient : Naudin, Demomigny, Potié, Maillot, pour la Société départementale d’HLM ; Rossetti, Benoit, Foumy, Grange, Verdet, pour l’OPHLM ; Bailly, Cerceau, pour Rhonalcoop.
La cité de l’Arlequin est la première tentative de réalisation d’un quartier différencié intégrant emplois, logements et équipements et qui tentait de :
- limiter la ségrégation sociale tant du point de vue des logements que des équipements ;
- favoriser la vie collective et la communication en prenant notamment en charge le fonctionnement du quartier dès sa mise en service ;
- séparer les circulations piétons et voitures ;
- garder le contrôle de l’opération dans le temps en instituant des relations d’échange permanent entre l’équipe pluridisciplinaire de conception et d’exécution et les élus.
« Déterminante pour les futures villes nouvelles de la région parisienne, c’est la première réalisation qui associe, dès le début de sa conception, logements et équipements pour lutter contre la ségrégation sociale » (Bertrand Lemoine, 2000).
Description
La cité de l’Arlequin forme un ensemble concerté regroupant deux mille deux cents logements accueillant quelque neuf mille habitants, dont sept cent cinquante logements en accession à la propriété, neuf cent vingt habitations à loyer modéré, trois cents immeubles à loyer modéré, soixante-dix immeubles à loyer normal et cent soixante appartements pour personnes âgées. Les immeubles, habillés de façades légères polychromes (qui ont donné son nom au quartier) et de hauteur décroissante, sont en ligne brisée à cent vingt degrés, avec ramifications. Cette ligne se développe sur mille cinq cents mètres autour d’un parc central. Les rez-de-chaussée sur deux niveaux appelés « rues » forment une longue galerie réservée à la circulation piétonne. Les circulations verticales desservant les étages donnent sur cette « galerie de l’Arlequin ». Au centre de l’ensemble, le parc boisé s’étend sur plusieurs hectares (sa taille est comparable à celle du parc Paul-Mistral sur lequel donne l’Hôtel de Ville de Grenoble ). Il est organisé autour d’une série de buttes engazonnées dont la hauteur atteint la dizaine de mètres. Les parcs de stationnement, construits en silos de trois cents places (mille trois cent cinquante places en tout) sont rejetées à l’extérieur, entre les divers bras des ramifications ou « criques » ; quatre cent cinquante places au sol viennent compléter le dispositif. Le quartier regroupe des commerces de proximité qui donnent sur les galeries, un collège-maison de quartier (regroupant la bibliothèque, des salles de spectacle et de réunion, un centre audiovisuel, un centre social, des services, un restaurant self-service et des ateliers), cinq groupes scolaires primaire et maternelle, un centre mutualiste de santé, deux gymnases et une piscine, qui donnent sur le parc. Outre les emplois induits (commerces, services, bureaux, équipements...), une zone d’activité de deux hectares borde l’ensemble au sud de l’Ecole nationale supérieure d’architecture, achevée en 1976 (architecte Roland Simounet) qui referme le parc et qui était à l’origine intégrée au parcours de distribution décrit plus haut.
Observation
La cité de l’Arlequin, appelée à faire l’objet, sur ses espaces libres en particulier de divers réaménagements, illustre un moment-charnière dans l’histoire du logement social, qui fut ici porté avec détermination sur le plan politique. On en retrouve les principes à l’œuvre tout particulièrement à Toulouse, au Mirail. Ce mouvement ne fera pas école. On remarquera que le Village olympique tout proche, contemporain de la Villeneuve, répond de principes tout autres et que le récent centre d’Echirolles, situé à quelques stations de tram, repose sur des principes de composition bien différents, tout en s’efforçant de répondre aux mêmes objectifs.
Bibliographie
Bienfait (Hervé).- Villeneuve de Grenoble : la trentaine.- Grenoble, Cnossos, 2005.


ministère de la Culture et de la Communication / DRAC Rhône-Alpes