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Novarina Maurice (architecte) ; Giovannoni J. (architecte) ; Christin J. (architecte) ; Welti Marcel (architecte) ; Prouvé Jean (ingénieur) ; Motte J.A. (architecte d’intérieur)
3e quart 20e siècle
1965
Grenoble – Isère (38)
Jean-Pin (boulevard) 11
Rigot Joseph ; Vitali Françoise ; Belmont Yves


Historique
La construction de l’Hôtel de Ville de Grenoble s’inscrit dans le programme d’équipement qui a accompagné les jeux Olympiques d’hiver de 1968. Le programme de construction soumis aux architectes prévoyait, d’une part une répartition horizontale des parties publiques : accueil, bureau du maire, salle du Conseil, salons de réception, et d’autre part une répartition verticale des différents services de l’administration municipale. Pour insérer ce programme, situé en lisière nord du parc Paul-Mistral, sur l’ancienne couronne bastionnée de la ville, les architectes Maurice Novarina, J. Giovannoni, J. Christin et M. Welti ont choisi de combiner un haut rez-de-chaussée entresolé avec une cour centrale formant patio et une tour de bureaux, placée à l’ouest, dont le mur-rideau est dû à Jean Prouvé. Il en ressort un édifice affichant un modernisme discret, maîtrisé et sans tapage, dans un genre souvent dominé par un esprit ostentatoire. Ce système « socle / bloc » (plate-forme surmontée d’un plot ou d’une tour) a connu une fortune particulière au cours des années 1960. Cette dualité morphologique présente en effet plusieurs avantages fonctionnels, dont une bonne distribution des espaces à partir d’une seule entrée, donnant ici sur le patio. A l’extérieur, la composition – et tout particulièrement la tour – tire avantage de la couverture arborée du parc Paul-Mistral, en parfait accord avec les principes du mouvement moderne, qui entendait réserver la part belle à la végétation.
Description
La détermination des différentes fonctions que cumule un hôtel de ville a conduit à un parti architectural dont le trait essentiel est la dissociation en deux volumes distincts. Sur un socle puissant, rythmé par une série rythmique (et somme toute très classique) de doubles piliers en béton que couronne une corniche saillante et évasée, s’élève une tour de bureaux protégée par une façade-rideau qui reprend la même alternance et intercale des allèges de glace émaillée vert sombre. La tour, de douze niveaux, reçoit les différents services municipaux ; son ossature est en béton ; elle est suspendue au niveau du deuxième étage sur une plate-forme en béton précontraint d’une portée de vingt-trois mètres, qui repose sur deux puissantes piles enfermant les liaisons verticales et entre lesquelles sont disposés les guichets réservés au public. Une cafétéria est située au onzième étage, un appartement au douzième. Les fondations sont sur pieux.
L’aile d’honneur comprend un hall lambrissé de bois de placage avec un escalier axial à rampes divergentes que surplombe un lustre monumental. Un balcon court à l’étage, sous un haut jour que surmonte une couverture nervurée de berceaux. La salle du Conseil municipal, à rez-de-chaussée, donne sur le parc, au sud. Elle est vitrée sur toute la hauteur ; sa structure en béton apparente reprend la rigueur des piliers monumentaux ; elle se prolonge à l’ouest par une salle de réception, qui donne aussi sur le patio central. La salle des mariages lui répond, au nord. Le bureau du maire et les salles de réunion sont desservies par le balcon qui se trouve au premier étage.
Plusieurs œuvres d’art sont intégrées à cette composition : sculpture en bronze dans le patio, Grenoble, d’Etienne Hajdu ; mosaïque au sol du patio, de Gianfrancelli ; sculpture en marbre Persistance de la sphère, d’Emile Gilioli ; tapisserie sur le thème du mariage d’Alfred Manessier (salles des mariages) ; tapisserie de Raoul Ubac et mur en étain martelé de Sabatier (salon de réception).
Observation
Avec ses emprunts classiques, non exempts de monumentalité mais dénués de lourdeur, la clarté de sa distribution, la qualité de sa facture et de ses matériaux enrichie par la présence d’œuvres d’art, l’Hôtel de Ville de Grenoble se présente comme une opération accomplie et remarquablement bien conservée. Avec les trois tours de la cité de l’Ile-Verte toutes proches, il ancre la ville dans le XXe siècle, dans l’un de ses programmes architecturaux les plus sensibles.


ministère de la Culture et de la Communication / DRAC Rhône-Alpes