Ancienne maison consulaire puis chambre de commerce Ancienne maison consulaire puis chambre de commerce Ancienne maison consulaire puis chambre de commerce Ancienne maison consulaire puis chambre de commerce



Bozon Louis (architecte) ; Ageron Louis (peintre) ; Dintrat (sculpteur) ; Thomas (maître verrier) ; Jacquillard (ferronnier)
1er quart 20e siècle
1920
Valence – Drôme (26)
Palais (place du) 3
Duperray-Millaud Bénédicte


Historique
Depuis 1879, la Chambre de commerce était locataire de la maison Clerc, place du Palais, dans la vielle ville de Valence. Au début des années 1920, une délibération du Conseil municipal prévoit de moderniser la ville ancienne et d’aligner les immeubles de la rue du Palais. Le président de la Chambre de commerce d’alors, Charles Huguenel, saisit cette opportunité pour faire acheter le terrain par la Chambre afin d’y construire un nouvel hôtel consulaire. En 1922, l’architecte Louis Bozon (1878-1965) conçoit les plans. Le projet initial prévoyait un bureau de poste annexe, une Bourse du commerce au rez-de-chaussée, une bibliothèque, ainsi que les locaux de la Chambre d’agriculture. Ce vaste programme n’a été réalisé qu’en partie. La construction s’étale de 1924 à 1927. L’inauguration a lieu en juillet 1927. En 1988, la Chambre de commerce et d’industrie de Valence déménage à nouveau, dans un immeuble neuf, situé en périphérie de la ville et proche de la rocade. L’édifice de la rue du Palais est racheté en 1990 par maître Tracol, un avocat valentinois qui entreprend la réhabilitation du bâtiment. Mis en vente judiciaire en 1994, il appartient aujourd’hui à la SCI Palais.
Description
Le Palais consulaire de Valence est un édifice imposant et isolé, d’inspiration classique par son vocabulaire mais très libre par sa composition maniériste qui redistribue et modifie les ouvertures à chaque niveau, selon un principe de claire-voie puis d’attique qui interrompt la corniche de la façade en sommant cette dernière d’un fronton. Le soubassement, souligné par un parement à bossage, est lui-même interrompu par les trois percements en plein cintre de l’entrée. Les ferronneries de la grille d’entrée et des balcons ainsi que la découpe du fronton renvoient au répertoire moderne. Les blasons de quatre villes de la Drôme sont sculptés entre les baies de l’attique au deuxième étage.

L’étage est distribué à partir d’un vaste hall par un escalier monumental, à double volée divergente, qui dessert les salles de réception et les bureaux. La décoration, bien typée, illustre à merveille le style Art déco dont elle est contemporaine. La salle des délibérations est décorée par de vastes vitraux stylisés (Thomas père et fils, maîtres-verriers) et les escaliers secondaires à vis sont entièrement vitrés. Une fresque de Louis Ageron représente « Combe-Laval » (deux mètres sur quatre). Les fers forgés sont de Jacquillard et les sculptures de Dintrat.
Observation
Cet édifice peu visible est un témoin abouti et inattendu des fastes de l’Art déco.


ministère de la Culture et de la Communication / DRAC Rhône-Alpes