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Jeanneret Charles-Edouard, dit : Le Corbusier (architecte) ; Oubrerie José (architecte) ; Miquel Louis (architecte)
3e quart 20e siècle
1958-2006
Firminy – Loire (42)
Duperray-Millaud Bénédicte ; Belmont Yves ; Yvan Mettaud

Historique
L’église Saint-Pierre parachève le centre civique de Firminy-Vert , constitué par le stade, la piscine et la Maison de la culture, et situé entre la ville ancienne et le nouveau quartier. Les ouvrages ont été implantés dans le creux d’un vallon, occupé précédemment par une carrière. L’aménagement du site a été précédé par la commande à Le Corbusier du centre culturel et sportif, en 1954, et s’est engagé avec la construction de la Maison de la culture, en 1961, celle du stade et de la piscine se poursuivant de 1966 à 1972, sous la conduite d’André Wogenscky, chargé d’exécution testamentaire de Le Corbusier.
Le projet de l’église fait suite à une première commande attribuée à André Sive, emporté brusquement par une grave maladie, pour un projet situé en aval du site retenu par la suite, à proximité du centre commercial. La commande définitive, attribuée à Le Corbusier, s’est faite en 1960. Elle a été décidée par Eugène Claudius-Petit, maire de Firminy de 1953 à 1971. Le Corbusier demande alors à José Oubrerie de l’assister pour le projet : ce dernier réalisera les études, les maquettes et toutes les mises au point, arbitrées par Le Corbusier lui-même, jusqu’à la mort du maître, survenue en août 1965.
La réalisation de l’église revient à l’initiative de l’association paroissiale de Firminy-Vert. Elle a été financée, par souscription, par l’Association Le Corbusier pour l’église Saint-Pierre de Firminy-Vert et par la Fondation Le Corbusier, qui a apporté vingt pour cent des fonds. Les travaux ont été réalisés par la Société civile pour l’église de Firminy-Vert. José Oubrerie a été désigné comme architecte de l’opération à la mort de Le Corbusier (en association, dans un premier temps, à Louis Miquel). Faute de financement, les fonds ne permettant pas de mener à terme la construction de l’édifice, les travaux ont été interrompus en 1979. Les structures réalisées ont été classées parmi les monuments historiques en 1996.
Si la volonté d’achever Firminy-Vert ne s’est jamais démentie, comme l’atteste une impressionnante correspondance, on doit relever que son achèvement revient à l’initiative de la commune. L’association a été autorisée par l’Etat à lui transmettre la propriété et la maîtrise d’ouvrage de l’opération a été attribuée à Saint-Etienne Métropole qui a reconnu, par délibération en date du 13 avril 2002, cette opération « d’intérêt communautaire », au titre des grands équipements culturels. Saint-Etienne Métropole a mené à bien, avec le concours des autres collectivités et de l’Etat, l’achèvement de l’ouvrage.
L’Association Le Corbusier pour l’église Saint-Pierre de Firminy-Vert a décidé de substituer aux fonctions complémentaires de maison paroissiale celle d’un espace muséographique associé au Musée d’art moderne de Saint-Étienne et destiné, entre autres, à présenter la contribution de Le Corbusier à l’art sacré. Le bâtiment sert de ce fait deux missions conjuguées : celle d’accueillir cette antenne du musée dans sa partie inférieure et celle de recevoir l’église Saint-Pierre et ses activités cultuelles dans sa partie supérieure. L’évêque de Saint-Étienne a fait savoir, à l’achèvement de l’édifice, que le diocèse reconnaissait l’édifice comme église diocésaine.
L’esquisse réalisée par Le Corbusier – il s’agit là d’une de ses dernières œuvres – avec l’assistance de José Oubrerie a été reprise par ce dernier, qui a conduit l’opération jusqu’à son terme avec le concours de l’atelier de l’Entre, Aline Duverger et Yves Perret, ainsi que de Romain Chazalon, architectes.
Description
L’église, de plan centré, participe de par sa vigueur plastique, du parti adopté par Le Corbusier pour Ronchamp (Haute-Saône) et de par sa rigueur de celle du couvent de la Tourette, à Eveux (Rhône). Elle oppose à un socle carré l’espace unitaire du sanctuaire. Le socle, de trois niveaux, aux angles généreusement ouverts à la lumière, recouvre un espace en gradins subdivisé (qui rappelle la salle d’assemblée ou bouleutérion de Priène ou encore la salle capitulaire de l’abbaye du Thoronet), avec un accès de plain-pied sur la ville, tandis qu’une rampe extérieure donne accès à l’église, située au-dessus.
Le sanctuaire forme un espace unique, qui rachète la transition entre la figure du carré et celle d’un cercle plus restreint au moyen de quatre trompes coniques... Cette puissante élévation est relevée de plusieurs motifs saillants à valeur fonctionnelle : clocher, « canons à lumière », chenaux monumentaux coiffant un jour filant qui diffuse une lumière relevée par les couleurs vives des appuis.
Le monument accueille des visiteurs venus du monde entier éprouver la maîtrise des masses, des espaces et de la lumière, qui suscitent en ces lieux une intimité et une présence exceptionnelles. La constellation d’Orion, implantée sur la paroi Est de la coque, reprend un dessin de 1962 inspiré par le père Couturier et les peintres Cocagnac et Capellades. La constellation balaye les parois de ses arabesques inattendues au gré de la course du Soleil. Le support de l’autel de béton blanc situé au-devant monte du fond, en dégageant sur son côté un jour connexe qui se présente comme son exact opposé.
Une esplanade (où est conservée la première pierre de l’édifice) dessert l’entrée ; elle est plantée d’une pelouse agrémentée de pins sylvestres et de chênes. La rampe d’accès à l’église conduit à une façon de narthex donnant sur une chapelle de semaine ménagée en galerie sous les gradins de l’assemblée, tout en dégageant la vue sur le sanctuaire, l’autel et sa constellation.


Liens
Région urbaine de Lyon, les « Utopies réalisées »
Espace le Corbusier
Bibliographie
Guillot (Xavier).- Firminy - Le Corbusier en héritage.- Saint-Etienne, Presses universitaires de Saint-Etienne, 2008 [dir.].


ministère de la Culture et de la Communication / DRAC Rhône-Alpes