Château d'eau de Valence Château d'eau de Valence Château d'eau de Valence Château d'eau de Valence Château d'eau de Valence Château d'eau de Valence Château d'eau de Valence



Gomis André (architecte) ; Philolaos Tloupas (sculpteur)
3e quart 20e siècle
1963
Valence – Drôme (26)
RD 119 ; Montélimar (route de) ; Jean-Perdrix (parc)
Duperray-Millaud Bénédicte ; Yves Belmont
Historique
En 1962, pour faire face à l’accroissement de sa population, la Ville de Valence, sous l’impulsion du maire Jean Perdrix, décide de créer un nouveau quartier, sous la forme d’une « zone à urbaniser en priorité » (ZUP), dont la conception est confiée à l’architecte urbaniste André Gomis. Le quartier est constitué de deux parties séparées par un grand parc de vingt-quatre hectares au milieu duquel est projeté un château d’eau, destiné à servir de repère à ce nouveau quartier. André Gomis en confie la conception au sculpteur et plasticien grec Philolaos. Celui-ci commence par faire des essais sur maquette. Il s’inspire de la déformation de pièces métalliques parallélépipédiques martelées, dont il agrandit ensuite les dimensions en suivant, dans ses tracés régulateurs, le nombre d’or, tout en restant fidèle à l’harmonie brute de départ. Les travaux commencent en 1969 et se poursuivent jusqu’en mai 1971. « Associant objet fonctionnel et recherche artistique, le sculpteur Philolaos a su transformer des réservoirs d’eau en œuvre d’art contemporaine, véritable symbole de la ville de Valence ». La mort de l’architecte André Gomis en 1971 et le changement de municipalité remettent en cause l’aménagement des alentours du château d’eau, qui ne seront pas réalisés. En 1981, le château d’eau obtient le prix du « quartier de l’horloge » qui récompense la meilleure réalisation d’art urbain des années 1970 en France.
Description
Le château d’eau de Valence est en réalité un double château d’eau composé de deux tours : une de cinquante-deux mètres de haut pour le réservoir B, d’une contenance de mille neuf cent quatre-vingt-dix mètres cubes et une deuxième, haute de cinquante-sept mètres pour le réservoir A, contenant huit cent cinquante mètres cubes. Les réservoirs sont surélevés, ce qui a permis d’aménager une salle des vannes à la base de la tour A ainsi qu’une station de pompage, surmontée d’un poste de transformation et de distribution électrique, à la base de la tour B. Ces deux tours, construites en béton brut, ont une forme hyperboloïde et hélicoïdale. Comme pour toute sculpture, la perception du spectateur se modifie au fur et à mesure de son déplacement. Les arêtes vives des tours sont orientées au nord et au sud, face aux vents dominants.
Les tours sont construites par superposition de banchées de deux mètres de hauteur. Le béton brut laisse apparaître les traces verticales des planches du coffrage. La peinture blanche actuelle a été ajoutée postérieurement. La construction a nécessité l’emploi de treize mille cents mètres carrés de coffrage, deux mille sept cents mètres cubes de béton et trois cent vingt et une tonnes d’acier. Quand les réservoirs sont pleins, l’ouvrage pèse dix mille tonnes.
Observation
Avec cette réalisation, la région Rhône-Alpes peut s’enorgueillir de posséder une œuvre dont la vigueur plastique est digne des grandes réalisations de l’architecture moderne, comme le centre de Brasilia (Brésil).


ministère de la Culture et de la Communication / DRAC Rhône-Alpes