Cité jardin, dite cité des Etats-Unis ou cité Tony Garnier Cité jardin, dite cité des Etats-Unis ou cité Tony Garnier Cité jardin, dite cité des Etats-Unis ou cité Tony Garnier Cité jardin, dite cité des Etats-Unis ou cité Tony Garnier Cité jardin, dite cité des Etats-Unis ou cité Tony Garnier Cité jardin, dite cité des Etats-Unis ou cité Tony Garnier



Garnier Tony (architecte urbaniste)
1ère moitié 20e siècle
1921 ; 1934
Lyon 8ème arrondissement – Rhône (69)
Duperray-Millaud Bénédicte ; Belmont Yves
Historique
En 1917, la Commission d’extension et d’embellissement de la Ville de Lyon décide de réaliser un boulevard industriel dans la banlieue sud-est de Lyon, entre la Guillotière et Vénissieux. Tony Garnier répond immédiatement à la demande de la Ville et produit un projet qui dispose des habitations d’ouvriers de part et d’autre d’un espace central réservé aux équipements publics (groupes scolaires, terrains de jeux, square, salle d’assemblée...). Les habitations prévues sont disposées dans des îlots rectangulaires largement aérés et pourvus en leur centre d’un couloir de végétation traversant qui évoque le premier plan d’extension de Barcelone, signé Cerdà. Les études de Garnier sont approuvées par le Conseil municipal en 1920 et la même année, la municipalité procède aux premières acquisitions de terrains. Le maire Edouard Herriot demande alors à Tony Garnier de limiter son projet à la surface de terrain disponible, ce qui le réduit des quatre cinquièmes, tandis qu’on lui demande de porter la hauteur des immeubles de trois à cinq niveaux : le quartier industriel se transforme en cité HBM (« Habitation Bon Marché »). La construction démarre en 1921-1923. Faute de crédits, les travaux, arrêtés entre 1926 et 1930, ne sont achevés qu’en 1934.
En 1985, la cité a été réhabilitée, en réalisant tout d’abord une isolation par l’extérieur des murs pignons aveugles, ce qui a donné lieu à la réalisation – par la Cité de la création – de murs peints, inspirés de l’œuvre graphique de Tony Garnier, puis en installant des ascenseurs, avec remise aux normes et réaménagement des entrées. Autres temps, autres mœurs : les habitants ont été invités à se prononcer sur le choix des menuiseries destinées à clore leur loggia ; dans le même ordre d’idées, la maîtrise d’œuvre des travaux, menés par l’OPAC du Grand Lyon, a été confiée à plusieurs équipes d’architectes. Le quartier abrite le Musée urbain Tony-Garnier, géré par l’association de quartier éponyme : cette association à vocation culturelle a su attirer, très tôt, l’attention des pouvoirs publics sur les enjeux de la réhabilitation de cet ensemble qui forme à lui seul une page importante de l’histoire de l’architecture moderne. Cette reconnaissance de l’histoire, qui doit beaucoup à l’œuvre dessinée de Tony Garnier – mais aussi à une propagande soigneusement menée (autour de l’Exposition urbaine internationale de 1914, entre autres) – ne doit pas occulter tout l’investissement qui s’effectue alors en faveur du logement social (en Europe, mais aussi à Lyon), avec une production d’une grande qualité, ouverte sur la modernité, mais encore toute imprégnée de classicisme (comme la cité Perrache ou la cité-jardin de Gerland .
Description
La cité des Etats-Unis est un ensemble de mille cinq cent soixante-sept logements répartis en douze îlots dont les rues sont hiérarchisées : boulevard (qui n’a été raccordé que par la suite), rues de desserte en traverse ou longitudinales et jardins intérieurs pour piétons enfin, soulignés par la présence de pergolas, de bancs qu’accompagnent des arbustes. Seuls trois immeubles de trois étages respectent le plan imaginé au départ par Tony Garnier, tous les autres ayant cinq étages. Ils sont construits en béton de mâchefer avec des toitures-terrasse et des loggias en façade, devenues des « bow-windows ». Chaque immeuble, en forme de « H », est desservi par une seule entrée qui donne sur une cage d’escalier qui donne, demi-niveau par demi-niveau, sur les appartements, avec la savante introduction en pied d’un soubassement d’un côté et de commerces à entresol d’un autre. Les appartements, très fonctionnels, sont remarquablement distribués autour d’une salle à manger centrale, symétrique et contiennent, pour certains d’entre eux, jusqu’à trois chambres. Les salles de bains, prévues dès l’origine, n’ont été aménagées que par la suite.
Observation
La cité des Etats-Unis est la réalisation qui s’approche le plus, avec la Grande Halle et l’hôpital Edouard-Herriot, à Lyon, du projet que Tony Garnier expose dans La Cité industrielle, œuvre graphique qui présente une ville entièrement moderne – et industrielle – avec l’ensemble de ses équipements. Si la cité des Etats Unis est souvent vue comme « la Cité industrielle réalisée » elle n’en est pas moins, au regard du parc naissant de logements sociaux, un simple maillon, qui conduit à voir les nombreuses cités de l’époque avec le même regard que celui que l’on est invité à porter sur les célèbres « Hof » de Vienne (Autriche) que l’histoire a retenus, entre d’autres exemples, pour célébrer l’avènement du logement social.
Liens
Les « Utopies réalisées »
Musée urbain Tony-Garnier


ministère de la Culture et de la Communication / DRAC Rhône-Alpes