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Sive André (architecte urbaniste) ; Roux Michel (architecte urbaniste) ; Delfante Charles (architecte urbaniste) ; Kling Jean (architecte) ; Jeanneret Charles-Edouard, dit : Le Corbusier (architecte)
3e quart 20e siècle
1954
Firminy – Loire (42)
Duperray-Millaud Bénédicte ; Belmont Yves


Historique
En 1953, Eugène Claudius-Petit, ancien ministre de la Reconstruction, est élu maire de Firminy. A son arrivée, il ne peut que déplorer la précarité dont souffrent les habitants qui vivent dans des logements vétustes, dont certains sont de véritables taudis. La ville présente en outre une très grande densité de population et ses équipements sont, soit manquants, soit insuffisants. Le maire décide alors de se lancer dans un grand projet d’urbanisme afin de sortir la ville de cette situation. Il fait appel à trois architectes-urbanistes : Charles Delfante, Marcel Roux et André Sive, qui vont entreprendre une enquête de terrain afin de définir le programme des opérations. Le projet est présenté aux habitants qui se montrent particulièrement enthousiastes. Parallèlement, Eugène Claudius-Petit sollicite Le Corbusier, qu’il avait rencontré dès 1946, lors d’un voyage aux Etats-Unis. Il lui soumet le projet. Le Corbusier apporte quelques modifications au plan. Ce premier plan d’urbanisme est approuvé en 1954. Il comprend deux grands axes d’intervention. D’une part, le maire souhaite rénover le centre-ville en aménageant une nouvelle place sur l’emprise d’une ancienne usine ; dans le même temps, les maisons alentour doivent être rasées ; le plan prévoit, d’autre part, la construction d’un quartier résidentiel, prévue sur une ancienne carrière, au sud de la ville : c’est le projet de Firminy-Vert. Entre 1955 et 1963, outre les logements, de nombreux équipements y sont créés : maternité, écoles primaires et maternelles, station de traitement des eaux, chaufferie collective. Le Corbusier se voit confier la réalisation de la Maison de la culture (inaugurée le 18 septembre 1965), des tribunes du stade (1965) puis de l’église (commencée en 1971) qui constituent le « centre civique » du nouveau quartier.
En 1961, cette vaste opération, qui concerne la construction de plus d’un millier de logements, reçoit le « Grand Prix d’urbanisme ». L’annexion de la commune voisine de Chazeau en 1959 donne lieu à l’étude d’un second plan, qui est approuvé en 1964. Ce plan prévoit notamment la construction par Le Corbusier de trois « unités d’habitation ». Une seule de ces unités est construite et les fouilles de la seconde sont abandonnées au début des années 1970 en raison de la crise économique. De nouveau, Firminy est frappée par le sort : la fermeture des aciéries entraîne un nouvel exode, inverse du précédent, et les habitants potentiels des unités d’habitation quittent la ville. L’année 1985 marque le début des premiers travaux de réhabilitation.
Aujourd’hui, l’église est achevée, la piscine voisine réalisée par André Wogensky, proche collaborateur de Le Corbusier, est restaurée, l’unité d’habitation est réhabilitée ; ces trois édifices sont protégés au titre des monuments historiques ainsi que le stade et la Maison de la culture. Firminy se tourne à nouveau, avec le patrimoine du XXe siècle qu’elle a hérité, vers l’avenir.


Description
Ensemble de mille soixante-dix logements (sans compter l’unité d’habitation de Le Corbusier). Le tracé régulateur du plan d’ensemble est fondé sur le nombre d’or. Il répartit par niveaux successifs les bâtiments que dessert l’allée montante nord-sud des marronniers. En dehors des immeubles courbes de la rue de la Corniche, qui surplombent au sud le site en thalweg dont ils épousent les formes, et du bâtiment haut en H qui ferme en pied la composition, les corps de bâtiment ont une longueur mesurée et sont peu élevés, ce qui leur permet de rester à l’échelle de la ville. Les façades-rideau des habitations, refaites selon une facture assez différente de celle d’origine, inspirée de Mondrian, donnent sur des espaces verts parvenus à maturité. Ces derniers font partie intégrante de la composition, comme le voulait le mouvement moderne. La dénivellation du terrain est utilisée pour l’aménagement de parcs de stationnement en gradins. La circulation piétonne est nettement séparée de la circulation des véhicules : l’intérieur du quartier est piétonnier tandis que la voie de desserte est située en périphérie ou en pied, où elle longe le centre civique. Les équipements de proximité sont répartis dans le quartier. Les écoles maternelles et primaires sont au milieu des résidences, tandis que les commerces et l’église se situent à l’entrée de Firminy-Vert. Non loin du centre-ville, occupant le site en théâtre d’une ancienne carrière, sont installés le stade omnisports et l’Espace Le Corbusier (Maison de la culture) qui programme une saison culturelle et des actions de valorisation du patrimoine de Le Corbusier.
Observation
La plasticité du plan de masse de Firminy-Vert, très typée, est à rapprocher d’un certain nombre d’exemples, retenus au titre du label Patrimoine du XXe siècle (Beaulieu à Saint-Etienne – Loire, cité Le Biollay à Chambéry – Savoie. Le site est couvert par une « zone de protection du patrimoine architectural, urbain et paysager » (ZPPAUP) qui a donné lieu à un important travail de récolement d’archives. Cette zone s’inscrit en complément de la valorisation du patrimoine de Le Corbusier entreprise par la commune, en liaison avec le projet d’agglomération de Saint-Etienne Métropole.

Lien

Les Utopies réalisées


ministère de la Culture et de la Communication / DRAC Rhône-Alpes