Bibliothèque départementale de l’Ardèche André-Malraux, Veyras (Ardèche)

PROGRAMME

Comme toute BDP (Bibliothèque départementale de prêt), celle de l’Ardèche a pour vocation d’aider au développement de la lecture publique dans les petites communes. Compte tenu du fait que 314 des 339 communes du département comptent moins de 2 000 habitants, la mission de ce service du Conseil général est très étendue. Elle ne reçoit pas directement le grand public, mais l’ensemble des responsables salariés ou bénévoles des bibliothèques rurales de l’Ardèche.
La BDP de l’Ardèche s’est fait une spécialité, sous la direction de sa responsable Nelly Vingtdeux, d’avoir une politique de communication très dynamique, qui entendait donner une nouvelle image, moderne et attractive, de la lecture publique en milieu rural. La réalisation du bâtiment a été un moment important de cette politique. Il a permis de manifester sous forme architecturale l’esprit de qualité voulu pour ce service public d’une manière générale.
Tout, en effet, depuis la localisation (refusée en zone industrielle et choisie dans un site exceptionnel, sur les hauteurs de Privas) jusqu’à l’ameublement (qui fait de la BDP un show-room de mobilier contemporain sans équivalent en Ardèche) a été conçu pour que cette construction soit le signal clair d’une volonté politique et symbolise le rayonnement d’un service public départemental de la lecture qui est aussi la première institution culturelle d’Ardèche.

ARCHITECTURE

Le bâtiment a bénéficié du travail de trois architectes DPLG, ainsi que d’une urbaniste et d’un ingénieur paysagiste. Les architectes concepteurs en sont Christine Edeikins et Olivier Arène, de Paris, anciens élèves de Ciriani et indirectement du Corbusier.
Cette construction a été retenue comme Opération exemplaire par la Mission interministérielle pour la qualité des constructions publiques (MIQCP) et a reçu le Prix Architecture et Lieux du travail en 1990. Christine Edeikins et Olivier Arène présentent ainsi leurs partis pris pour cette réalisation :
- mettre en scène la découverte du bâtiment (que l’on aperçoit d’en haut) en donnant au toit une importance particulière ;
- affirmer le rôle de l’équipement au travers de sa formalisation. Le choix d’une horizontalité affirmée contraste avec les formes trapues éparses des pavillons avoisinants ;
- créer un jardin artificiel abrité des vents, le patio, autour duquel s’articulent les espaces majeurs du programme.
Pièce essentielle de la BDP, poumon de son fonctionnement, le magasin à livres se devait d’être traité comme tel. Aussi est-il le premier élément donné à voir, par sa façade courbe en briques de verre qui guide le visiteur jusqu’à l’entrée. Il diffuse une lumière douce au nord ; au sud, par de larges baies, il offre une transparence, à travers le patio et son bassin, puis les bureaux des bibliothécaires, vers le magnifique paysage du versant opposé de la vallée, face au Coiron.
La toiture, profilée en aile, est l’élément unificateur du bâtiment. A l’extérieur du garage, située à l’entrée, une aire abritée par l’aile, formant un auvent protecteur, permet le stationnement temporaire des bibliobus, vecteurs de la culture dans le département. Un travail spatial sur la double hauteur du hall d’accueil renforce l’image d’équipement public à l’intérieur même du bâtiment.
Le patio, dont le traitement a fait l’objet du "1 % artistique" est occupé par un double bassin : un bassin-miroir en granit poli anthracite qui reflète le ciel et les façades intérieures du patio, tandis qu’un bassin-fontaine tapissé d’orgues basaltiques noires, réalisé avec le mécénat de la Société des eaux de Vals-les-Bains, fait jaillir des geysers d’eau et confère à ce lieu un aspect ludique.



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