L’action de l’Etat

En France, la lecture publique est, depuis l’origine, essentiellement l’affaire des communes. Cela a été confirmé en 1803, quand les importantes collections d’ouvrages confisquées pendant la Révolution au clergé et à la noblesse ont été mises par l’Etat à leur disposition et sont venues enrichir les fonds des bibliothèques municipales.

La création, à partir de 1945, d’une « bibliothèque centrale de prêt » dans chaque département, pour aider au développement de la lecture dans les zones rurales, a inventé un nouveau type d’équipement, les bibliothèques départementales, lesquelles ont été transférées par l’Etat aux Départements en 1986, année d’entrée en vigueur des grandes lois de décentralisation de 1982-1983.

Pour autant l’Etat, qui gère par ailleurs les bibliothèques universitaires (et en partie les bibliothèques scolaires) est toujours resté engagé dans le développement de la lecture publique, c’est-à-dire de la lecture pour tous les publics, de tous âges, de toutes conditions.

C’est une école d’Etat, l’ENSSIB (Ecole nationale supérieure des sciences de l’information et des bibliothèques), installée à Villeurbanne (Rhône), qui forme tous les conservateurs de bibliothèques de France. D’autre part, les grandes bibliothèques municipales (les 54 bibliothèques « classées », riches de fonds anciens issus des confiscations révolutionnaires) sont toujours dirigées par des conservateurs d’Etat mis à la disposition des villes.

Enfin, la décentralisation de 1986 n’a pas arrêté l’aide de l’Etat aux collectivités possédant une bibliothèque territoriale. Au contraire, un nouveau dispositif administratif, porteur d’une politique nationale, a immédiatement été mis en place : le "concours particulier" créé au sein de la dotation générale de décentralisation, qui est une enveloppe financière permettant de subventionner les communes (et aussi les départements) pour leurs dépenses dans le domaine de la lecture publique. En particulier, cette manne permet à l’Etat d’aider dans chaque région les projets d’investissement concernant les bibliothèques municipales (ou intercommunales) : construction, extension ou réhabilitation ; équipement matériel et mobilier, informatisation,...

Chaque année, après un travail d’instruction des dossiers et de pré-programmation effectué par la Direction régionale des affaires culturelles (service en région du ministère de la Culture et de la Communication), le Préfet de région valide la répartition du « concours particulier » au bénéfice des meilleurs projets présentés par les communes.

D’une manière générale l’Etat, qui a donc fait du développement de l’offre de lecture une de ses priorités nationales, est le premier partenaire des communes qui construisent une bibliothèque. Les communes candidates sont de plus en plus nombreuses, dans toutes les régions. Une véritable dynamique a été enclenchée, manifestant une généralisation de la volonté des municipalités d’offrir à leurs administrés cet équipement culturel de base qu’est une bibliothèque ou, comme on le dit souvent maintenant, une médiathèque.

Au niveau national le bilan de vingt années de ce dispositif est impressionnant. De 1986 à 2005, l’Etat y a consacré plus d’un milliard d’euros. Au total, 25 000 opérations ont été subventionnées, dont plus de 4 000 constructions de bâtiments de bibliothèques. Grâce à l’aide de l’Etat, les communes ont donc massivement investi et la France a aujourd’hui largement rattrapé son retard sur ses voisins.



Objectif lecture



Avant-propos
L’action de l’Etat
Déclinaison en Rhône-Alpes
Les Médiathèques de proximité